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Rencontres · Marine

Mareva - Hendaye, Pays basque

Sauvé deux fois.

La renaissance d’un San Marco de 1963.
Un père, un fils. Et le goût du travail bien fait.

Jérôme & Jérémy Viron · Restauration marine

L’histoire Le savoir-faire Le partenariat

Le vernis de la veille a coulé par endroits.

Derrière les bâches, la coque attend. Sèche en surface, pas encore en profondeur. Chez Mareva - Uship Intuitive Sails, à Hendaye, on laisse la température évoluer avant de reprendre la ponceuse.

Dans le parc, les bateaux attendent leur tour. Celui-ci a déjà échappé à la casse, puis aux flammes. Jérôme et son fils Jérémy Viron ont décidé de lui rendre sa place sur l’eau.

1963

l’année du San Marco

30 ans

à l’abri d’une bâche

24

couches de vernis prévues

10-15

disques Galaxy par ponçage complet*

Le témoignage en vidéo

Jérôme et Jérémy Viron dans leur atelier d’Hendaye, avec Jean-Christophe, technicien Mirka.

01

« Celui-là a une grosse valeur »

Jérôme et Jérémy Viron côte à côte dans l’atelier

Jérôme et Jérémy. Un chantier mené à deux.

Tout commence par un appel. Un architecte, client de l’atelier, connaît le propriétaire d’un vieux bateau en bois. Le San Marco dort depuis près de trente ans sous une bâche. Pour libérer la place, on envisage de le détruire.

Jérôme et Jérémy vont le voir. Ses lignes rappellent les runabouts italiens de l’époque. Le klaxon porte encore l’estampille Riva.

« Il y a des bateaux en bois qui ne valent rien du tout. Celui-là a une grosse valeur, parce que c’est un San Marco. »Jérémy Viron

Ils ramènent le bateau à l’atelier, examinent le moteur et mesurent le travail à venir. Après une année de discussions, le propriétaire accepte de s’en séparer. Mareva le rachète.

La restauration peut commencer. Ou presque.

02

« On a sauvé le bateau »

Mur de l’atelier noirci par l’incendie

Les traces du feu restent visibles dans l’atelier.

Un incendie ravage l’atelier alors que les formalités sont encore en cours. Les vieux vernis chauffent. Une partie de la sellerie brûle.

Les pompiers demandent à Jérôme et Jérémy de quitter les lieux. Eux refusent de partir sans le San Marco. Pas le temps d’installer correctement la roue jockey : il faut sortir la coque.

À plusieurs, avec l’aide des pompiers, ils l’éloignent du bâtiment.

« Et du coup, on a sauvé le bateau. »Jérémy Viron

Les murs portent encore les traces du feu. Sur le bateau, il faut désormais reprendre les vernis et reconstruire la sellerie. Jérémy s’en charge.

03

« Avec deux, on a fait un »

Courbe du bois verni et ligne de la coque du San Marco

Les reflets suivent la ligne du bois. La finition se joue dès la préparation.

L’hiver suivant, le San Marco est démonté jusqu’aux vis et aux baguettes chromées. Le moteur sort de la coque. L’accastillage retrouve son éclat, pièce par pièce.

Le bateau date de 1963. Jérémy sourit : ils espéraient 1964, l’année de naissance de son père.

Son V8 Ford 289 est trop endommagé. Jérémy trouve à Nice un second moteur du même millésime. Aucun ne suffit seul : il faut comparer les composants et choisir les pièces à conserver.

« Avec deux, on a fait un. »Jérôme Viron

La mécanique est ensuite adaptée à l’usage marin et à la propulsion par hydrojet.

Une mécanique rare

V8 Ford 289

Une famille de moteurs qui a équipé les Mustang et certaines Ford GT40.

21 bateaux sur 41

Sur les 41 San Marco de cette série, 21 ont reçu cette motorisation. Pour préserver cet ensemble, Mareva reconstruit plutôt que remplacer.

Conserver les pièces d’origine

Les deux moteurs sont démontés. Leurs composants sont comparés pour reconstruire un moteur fonctionnel en gardant le maximum d’éléments d’origine.

04

« Il faut que ça polymérise à fond »

Ponceuse Mirka DEROS posée sur le bois verni du San Marco

Entre deux couches : poncer, nettoyer, laisser sécher.

Sur le bois, le moindre reflet révèle un défaut. Avant chaque couche, Jérémy compte deux heures à deux heures et demie de ponçage.

Puis vient l’eau : une éponge sur toute la coque, plusieurs changements de seau, une finition à la microfibre. Le sol est nettoyé pour que la poussière ne remonte pas. Les bâches retiennent les particules.

Au moment du tournage, quinze couches ont été posées sur les vingt-quatre prévues. Une à deux couches par semaine, selon la température et le séchage.

Sec en surface ne veut pas dire prêt à poncer. En dessous, le vernis peut rester mou. Reprendre trop tôt, c’est risquer d’arracher la matière.

Au moment de la rencontre

15 couches appliquées · Objectif : 24

 

05

« L’écart est quand même énorme »

Vingt-quatre couches, autant de cycles de préparation. Jérémy commence avec Q.Silver, puis passe à Galaxy. La différence se compte en disques.

Avant · Q.Silver

½ boîte

à chaque ponçage

Après · Galaxy

10 à 15

disques pour poncer tout le bateau

« Avec le Q.Silver, je pouvais passer une demi-boîte de disques à chaque fois. Avec le Galaxy, on est aux alentours de 10 à 15 disques pour tout le bateau. L’écart est quand même énorme. »Jérémy Viron

* Consommation rapportée par Jérémy pour un ponçage complet du bateau entre les couches, dans les conditions de ce chantier.

Jérémy présente une ponceuse Mirka dans l’atelier

Jérémy évalue les outils dans son travail quotidien.

Pour les dernières passes en grains 240 puis 320, il travaille avec une DEROS à orbite de 2,5 mm. La DEROS Ø 77 mm prend le relais dans les recoins.

Avec l’extracteur DEXOS, il compare les résultats sur place :

« L’aspirateur, il aspire beaucoup plus que l’autre. Je m’en suis rendu compte parce que j’ai fait des essais. »Jérémy Viron

Moins de poussière sur le support, c’est aussi moins de matière à retirer avant la couche suivante.

Les repères métier de Jérémy

Préparer les dernières couches · 240 → 320

DEROS à orbite de 2,5 mm pour les dernières passes. DEROS Ø 77 mm dans les zones difficiles d’accès. DEXOS pour l’aspiration pendant le ponçage.

Grain 240 Grain 320 Orbite 2,5 mm

Affiner la finition · Abralon 360 à 2000

Jérémy cite le grain 360 pour les rayures les plus marquées et une finition jusqu’au grain 2000. Ces repères décrivent son usage ; ils ne constituent pas une séquence universelle de ponçage.

360 Jusqu’à 2000

06

« Elle est super légère »

Ponceuse Mirka posée sur le pont verni du San Marco, à côté d’une zone protégée par un film de masquage

Le vernis du pont, entre deux passes.

La POLAROS a déjà été essayée dans l’atelier. Jérôme la prend en main, observe son poids et son travail sur la surface.

« Elle paraît massive, mais elle est super légère. Et elle fait un sacré boulot. »Jérôme Viron

Jérémy garde aussi d’autres marques dans l’atelier, selon le support, la porosité du gelcoat et le travail à réaliser. Les machines sont complémentaires.

Sur le San Marco, les reflets se dessinent déjà. La profondeur finale viendra après la dernière couche, le séchage et le polish.

« Ce qui me tarde de voir, c’est le dernier vernis, quand on passera le polish. C’est là qu’on aura toute la profondeur. »Jérémy Viron

Ce que ce chantier apprend

Cinq repères tirés du travail à l’atelier.

Le bon abrasif se mesure dans les conditions réelles

Comparer la consommation de disques sur un même travail permet d’évaluer le résultat dans les conditions du chantier.

Une orbite fine accompagne les dernières passes

Pour les grains 240 et 320, Jérémy utilise une DEROS à orbite de 2,5 mm sur les couches de finition.

L’aspiration facilite aussi l’étape suivante

Retirer la poussière pendant le ponçage laisse moins de matière sur la coque à nettoyer avant la couche suivante.

Le séchage ne se négocie pas

Une couche sèche en surface peut rester molle à l’intérieur. Poncer trop tôt risque d’arracher la matière et d’imposer une reprise.

Le savoir-faire reste au centre

Les outils accompagnent le geste. Le regard, l’expérience et la patience de l’équipe guident chaque étape de la restauration.

L’équipe Mareva | Jérémy et Jérôme Viron et Jean-Christophe, conseiller technique Mirka France

 

07

Un partenariat qui se travaille sur place.

Jérémy rit avec Jean-Christophe, technicien Mirka vêtu de noir et portant une casquette

Jérémy et Jean-Christophe, conseiller technique Mirka. Le travail, et les moments partagés.

Mareva × Mirka

Des essais, des échanges. Et un éclat de rire.

Jean-Christophe, technicien Mirka, accompagne les essais et les échanges avec l’équipe Mareva. L’outil se juge ici, devant le bateau, dans les gestes de ceux qui le restaurent.

Jérôme et Jérémy apportent leur expérience du chantier. Le partenariat prend forme dans ces rencontres : une surface à préparer, une machine à essayer, un résultat à regarder ensemble.

Dans l’atelier de Hendaye, il reste des couches à poser et un lustrage à mener. La prochaine étape se verra sur l’eau.

Un San Marco pour se dire oui

L’histoire du San Marco ne s’arrête pas à l’atelier.

Jérémy a embarqué Lydie à bord du San Marco pour leur mariage. Après trente ans sous une bâche et un incendie, ce bateau de 1963 s’apprête à accueillir une promesse d’avenir.

« C’est un énorme travail. Mais il est tellement beau que ça en vaut la peine. »Angélique - Mirka
 
 

Les solutions du chantier

Galaxy DEROS · dont Ø 77 mm DEXOS POLAROS Abralon

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Photographies et vidéo : rencontre chez Mareva, Hendaye.